La typologie du Héros grecs

un de plus, pourquoi pas! Cette fois-ci, c’est ma recherche sur le théâtre grecs.

Introduction

Chapitre 1: Qu’est-ce qui rend le héros héroïque?

1.1 Définitions

1.2 Contexte social

1.3 L’entêtement héroïque

1.4 Les trois valeurs clés

Chapitre 2 : La typologie du héros grecs

2.1 Le héros épique

2.2 Le héros tragique

Conclusion

Bibliographie

 

 

La typologie du héros grec

 

 

INTRODUCTION

 

Le théâtre vise à représenter la vie et plus particulièrement les conflits qui nous habitent. En ce qui concerne les Grecs, un des aspects fondamentaux de la vie est la place centrale de la cité dans leur structure sociale. Pour eux, la cité est l’élément fondateur de leur identité culturelle au sien des autres civilisations de l’antiquité. Cette identité s’établit en rapport avec la ville d’origine et non l’appartenance à un peuple, à une nationalité ou voir même, à une religion. Ainsi, on peut imaginer pourquoi une menace contre la cité est un thème de choix pour les dramaturges grecs. Que ce soit une menace externe ou interne, la finalité reste la même (destruction de la cité), mais les thèmes diffèrent légèrement. Puisque le théâtre est « représentation », il y a personnification des choix face à cet enjeu. Cette incarnation des libertés humaines est le héros. De plus, à chaque situation périlleuse correspond une réponse appropriée. C’est pourquoi je propose d’élaborer une typologie du héros grec pour mettre en lumière les enjeux communs et distincts de la menace intra et extra cité.

Nous aborderons cette ébauche sous l’optique suivante : « qu’est-ce qui rend le héros héroïque? » Cette question peut paraître naïve, mais elle permet de mieux cerner les éléments qui constituent le personnage dramaturgique chez les Grecs. Ainsi, je propose, en premier lieu, de souligner ce qui rend le héros « héroïque » par opposition au citoyen moyen. Cette étude débutera par une définition du héros. Suivra alors l’exposition de quelques éléments en rapport au contexte social du héros et une brève explication de « l’entêtement héroïque ». Ceci permettra de clore ce chapitre en exposant l’importance de trois grandes valeurs grecques. Le second chapitre présentera l’ébauche de la typologie en deux points par l’étude comparative des thèmes propres à chaque type de héros. Je propose l’analyse du héros épique et des menaces « extra-cités » en un premier temps, puis dans un deuxième, l’analyse du héros tragique et des menaces « intra-cités ».

 

1 Qu’est-ce qui rend le héros héroïque?

 

1.1  Définitions

 

Tout d’abord, le Héros est brièvement défini comme suit : Personnage, réel ou fictif, qui se distingue par ses qualités ou ses actions exceptionnelles, par son courage face au danger. Lorsqu’approfondie, cette définition se divise en deux pôles distincts, mais inséparables. Il est donc possible d’émettre les sous-définitions suivantes. Le Héros est d’un côté celui qui se distingue de ses actions, le plus souvent à la guerre, et qui fait preuve d’une valeur ou d’une force physique hors du commun. De l’autre côté, le Héros est aussi un personnage vertueux, se distinguant par la force de ses convictions et de ses valeurs. Sa force relève plus d’une grandeur d’âme ou d’un haut sens moral que du domaine physique. J’effectuerai un retour sur ces points en plus amples détails dans la deuxième section, pour l’instant nous nous devons de cerner qui est le héros grec pour établir une typologie adéquate.

 

 

1.2  Contexte social

 

Chez les Grecs, le héros est d’abord et avant tout exagération. Il est homme sans toutefois faire partie du règne des hommes. Il transcende le monde du « médiocre » puisqu’il se veut monstration des comportements humains. Ainsi, le « demi-dieu » exulte une force (de caractère ou physique) telle qu’il dépasse la condition du commun des mortels. Pourtant, tout comme l’homme soumis au pouvoir des dieux, le héros sera lui aussi victime de l’humeur des dieux, parfois bienfaisante, parfois malfaisante. Cette intervention divine lui donne l’opportunité de transcender la condition humaine et de se dépasser pour entrer dans le domaine du surhumain, car il est considéré comme « choisit des dieux. » Cet excès, que ce soit au niveau des prouesses physiques (Achille) ou de la force de caractère (réaction d’Œdipe), fait référence à l’Ubris (ou Hybris) : ce qui touche à l’excès ou l’emportement, la démesure et plus précisément l’orgueil. Un bon exemple de tous ces éléments est sans doute Ajax le grand. D’un côté il a su affronter Hector pour prouver sa valeur physique, de l’autre sa colère le pousse massacrer un troupeau de moutons. Plus typique de l’ubris encore est sa réaction après coup : accablé de honte face à ses gestes, il se suicide sur l’épée d’Hector. Il est difficile de concevoir plus grand crime d’orgueil que celui qui mène à sa propre mort.

 

 

1.3 L’entêtement héroïque

 

Le geste héroïque émane généralement de conflits quotidiens qui ponctuent la vie des citoyens grecs. Pourtant, les actions héroïques n’ont rien de banal puisqu’elles sont souvent exacerbées par des obligations morales en violents conflits avec les relations sociales du héros. Il est déchiré d’avoir à choisir entre famille et devoir. C’est pourquoi le héros, fatalement borné, s’acharne dans ses décisions jusqu’à en causer sa perte. Au point de vue dramaturgique, le personnage doit être une représentation du citoyen moyen, quoique plus grand que nature, et par le fait même défendre les intérêts et valeurs de sa cité d’origine. Ainsi, il est souvent motivé par les meilleures intentions, comme la grande majorité des gens. De ce fait, l’entêtement sert à mieux définir les intentions et à exacerber les choix délicats du héros puisqu’ils ont souvent des répercussions catastrophiques. Pourtant, l’enfer est pavé de bonnes intentions et ce qui paraît comme mal n’est, la plupart du temps, que la conclusion logique de la « seule » solution aux yeux du personnage, conséquence même de cet entêtement maladif.

 

 

1.4 Les trois valeurs clés

 

On peut ainsi affirmer que le héros, quoique borné dans sa direction, est mu par le respect de trois grandes vertus antiques conjuguées à divers degrés.  Premièrement, la « Themis » se définie comme l’ordre des choses, ce qui est permis et interdit (la loi civique\morale en quelque sorte). Deuxièmement, la « Timé » est perçue comme l’honneur, les responsabilités et obligations du statut social. Troisièmement, le respect ses obligations divines (pactes avec les dieux, récompenses et sacrifices divins) constitue l’ultime valeur antique. Prenons l’exemple d’Agamemnon : déchiré par le choix qui s’impose à lui, il n’a de recours que le sacrifice de sa fille. Ayant tué une biche sacrée, il doit offrir sa fille à la déesse Artémis pour permettre à son armée de continuer sa marche. Pour aller de l’avant, il doit impérativement satisfaire la volonté des dieux (devoir sacré), remplir ses fonctions de commandant de l’armée (timé) et essayer de sauver sa fille (themis). Cet exemple soulève un autre aspect partagé par tous les héros : la fatalité. Tous les héros sont inexorablement poussés à accomplir leur destin. Ce qui rend le héros digne de mention c’est l’illusion de choix. Cette liberté n’est en fait qu’un faux espoir de déjouer son destin. Œdipe, fuyant Thèbes pour éviter parricide et inceste, pose les premiers gestes de l’accomplissement de la prophétie. Dans ce cas-ci, le terme « moïra » définit l’espace de liberté d’un homme dans les limites de sa destinée. La moïra est à la fois destin immuable et liberté. L’homme est libre de vivre avec une certaine latitude pourvu qu’il accomplisse son destin. De ce fait, Oedipe choisit librement de partir de sa ville natale, mais accomplit toutefois sa destinée. En cherchant à « bien faire » et à éviter son oracle, il est mis sur la voie même qu’il cherche à éviter.

 

 

 

2 La typologie

 

2.1 Le héros épique

 

Le terme « épique » fait référence à l’épopée, elle-même issue du grec « epos » (parole) et « poiein » (faire). L’épopée est donc un récit de hauts faits, souvent devenus légendaires, où le héros est confronté à une force plus grande que lui. L’Iliade et l’odyssée d’Homère sont de bons exemples de récits épiques. À l’époque des Grecs, les récits de hauts faits réfèrent la plupart du temps à des guerres, des périples ou même des créatures mythiques. C’est pourquoi le héros épique est souvent un guerrier ou un aventurier, voire même un homme dont la prouesse physique lui confère une certaine renommée. Des hommes comme Achille, Ulysse et Ajax le grand tiennent leur renommée de tels exploits. Ils participèrent tous à la guerre de Troie. L’élément clé de mon analyse tient du fait que ces hommes, confrontés à la dure réalité de la guerre, se battent pour défendre la justice Troyenne après l’enlèvement d’Hélène par Paris. Ils affrontent vaillamment l’ennemi qui, par crime de lèse hospitalité et d’enlèvement, se montra barbare. Aux yeux des Grecs, la « civilité » de la cité est primordiale puisqu’elle distingue l’homme de l’animal. Ainsi, l’étranger qui se montre « au-dessus » de la loi des hommes est une menace pour la cité, pour le « peuple » grec.

Le héros épique est perçu ici comme le défenseur des valeurs et des lois de la cité face au monde extérieur, un monde barbare qui menace l’intégrité et l’organisation sociale du fait qu’il ne respecte aucunes lois et se laisse aller dans la bassesse humaine. Il se fait icône et ambassadeur de la loi civique qui préserve l’homme de son instinct, la loi du talion. Cette loi « première », basée sur la rétribution, est dangereuse et mène à l’anéantissement de la population puisqu’elle vise à venger la mort d’un homme en tuant l’offenseur, causant ainsi un cycle de meurtres au sein de la cité. Le héros devient ainsi un « citoyen modèle » : il se bat pour une cause noble, pour la « justice », contre un adversaire mû par ses pulsions premières. Que ces divers récits soient réels ou non n’est que secondaire, l’essentiel est que la fable ainsi contée et racontée porte le message du triomphe de la loi civique sur l’étranger barbare.

 

 

2.2 Le héros tragique

 

Le héros tragique quant à lui se définit comme étant un citoyen qui prend part à la vie urbaine. Il n’est qu’un homme parmi tant d’autres, issu de la ville,  et régi par ses lois. Secouée par les péripéties de la vie, toute personne se voit, à un moment ou un autre, confrontée à des choix moraux difficiles. Parfois, ces choix vont à l’encontre des lois de la cité. Pour éviter la guerre civile, la rébellion ou les émeutes, le pouvoir politique se devait d’imposer ses lois et son pouvoir sur le peuple. C’est lors de cas litigieux où ce qui est « juste » n’est pas tout à fait clair que le rôle du héros tragique se fait sentir. Les mésaventures héroïques sont élaborées de telle sorte qu’elles constituent un code moral rudimentaire. Le héros est déchiré entre son devoir moral et civique. Puisque les deux points de vue sont « justes », le rôle du conte est de mettre de l’avant le triomphe des lois civiques et du pouvoir politique au sein de la cité. Il faut que les citoyens s’en remettent aux autorités de la ville, qui elles portent jugement sur les hommes, et ce, tout en se pliant à leurs devoirs divins. Ainsi, il est possible d’ordonner et de concilier la loi divine aux lois civiques. Le héros tragique devient l’exemple et l’exception à la fois; en accomplissant son devoir moral, il se rend coupable au point de vue civique, et vice versa. C’est par son sacrifice que le héros devient défenseur des lois de l’homme, au même titre que les exécutions publiques du moyen âge.

 

 

Conclusion

 

En terminant, on peut résumer le héros grec en un seul mot : « excès ». C’est par son excès de force, tant physique que morale, qu’il devient l’exemple et l’exception. Il est exemple parce qu’il porte en lui les valeurs de ses origines et qu’elles transcendent ses actes pour devenir légendes. Que ce soit les prouesses du héros épique, vaillant guerrier triomphant du barbare, ou la vertu du héros tragique, martyr déchiré entre des choix impossibles, ils survivront à jamais tels de grandioses mémentos à la gloire d’une société qui excelle à nous transporter par les mots.

 

Bibliographie

 

Wikipedia, encyclopédie coopérative. En ligne : http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9ros

L’héroïsme. Joseph Llapasset, Philo-Prépas (Philagora). En ligne : http://www.site-magister.com/prepas/page0a.htm

Le Petit Larousse 1999

Le petit robert 1977

Euripide, Tragédies complètes, éditions Gallimard 1962, édition de Marie Delcourt-Curvers

Dictionnaire Antidote numérique, édition 2009

Héros tragique, ELLIT. EN ligne : http://rabac.com/demo/ELLIT/baBAC/heros.htm

Dictionnaire mythologique. En ligne : http://www.dictionnaire-mythologie.com/

~ par grummir le novembre 18, 2009.

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